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Cocada de coco

Le 02 février est là et à Bahia on le dédie à Iemanjá, la protectrice des pêcheurs, mère de tous les adultes, celle qui est rivière et qui coule vers la mer en devenant sa reine. Cette année encore une fois le rituel pour lui rendre hommage et offrir à la déesse des fleurs à la plage Rio Vermelho à Salvador est annulée pour éviter l’agglomération et contenir la propagation du virus qui est toujours présent et dans un système de santé déjà surchargé. Improvisation obligée, la ville a quand même organisé la récolte des cadeaux (biodégradables, bien sûr) dans la semaine et aujourd’hui des pêcheurs seules seront en charge de les « délivrer » à la reine de la mer. Et ainsi la tradition fait des courbes pour se maintenir, telle que Iemanjá qui d’après les récits est devenue rivière et a su tourner des montagnes pour arriver à la mer.

Autre que la Fête d’Iemanjá, février est aussi marqué par le Carnaval qui se manifeste de façons très différentes dans chaque coin du Brésil. Vous connaissez peut-être le Carnaval à Rio de Janeiro avec le défilé monumental des écoles de samba. Mais à Bahia, la samba cède la place au « axé », un rythme qui littéralement signifie bonne énergie, bonne chance, good vibes : se traduit par ce qu’on reçoit et qu’on offre, par l’énergie vitale, par l’étoile qui brille et qui pulse en chacun. Comme la samba, l’axé aussi est marqué par la présence des timbales et tambours (merci l’Afrique!) mais croisé avec la guitare électrique. Les artistes commandent la fête depuis des grands camions illuminés qui projettent le son par des quartiers et les fêtards les suivent dans un circuit de 4 kilomètres. C’est une fête itinérante qui croise la ville pendant cinq jours – et nuits – de joie et de folie. « We are Carnaval » est peut-être l’hymne du Carnaval à Bahia (on commence à sauter inévitablement à 1:20 de la vidéo).

Et évidemment, en sachant qu’en 2020 (avant le virus) la fête à Salvador a réuni 16,5 millions de personnes (854 mille touristes), cette année encore on évite des grosses agglomérations (fête annulée pour 2021 et 2022) et on fête le Carnaval comme on peut. Moi, qui en tout cas suis en Espagne, je compile une playlist avec des axés d’antan, ceux de mon enfance et adolescence, j’actualise mes choréographies, je mets de la couleur dans la déco de ma table à manger et je cuisine la culinaire bahianaise carnavalesque ! Au Carnaval improvisé je mange des crêpes tradis, je mélange guaraná et vodka pour mon énergétique « capeta » (c’est-à-dire diable) et je mange des cocadas pour le côté glycose parce que parfois après le capeta… bah, il faut ! 🎉😈🤭

Cocada de coco traditionelle

  • 15 cl d’eau
  • 200 g de sucre
  • 1 batonet de cannelle
  • 3 clous de girofle ou 1/2 fève tonka
  • 1 noix de coco (environ 250 g de chair)

Dans une casserole mélangez l’eau, le sucre et les épices de votre choix : girofle et cannelle, gingembre et zeste d’orange, vanille ou fève tonka et même des jus de fruits (en remplaçant l’eau dans ce cas). Faites bouillir sans toucher jusqu’à que le sucre dissout, le volume réduit et le liquide devienne un sirop. Dès que des boules se forment dans ce caramel, versez la noix de coco râpée et laissez cuire à feu doux pendant une quinzaine de minutes et en mélangeant de temps en temps.

D’abord l’appareil sera plus liquide car la noix de coco libère son eau. Le but est de le réduire en faisant évaporer l’eau pour que le caramel enrobe le coco. Vous pouvez cuire la cocada à feu fort, mais dès que le liquide soit bien réduit il est important de baisser le feu (voir le bon moment dans la photo, quand une sorte d’écume est évidente). À partir de ce moment il est impératif de mélanger sans cesse (pour éviter que l’appareil brûle), mais doucement pour que le sucre ne cristallise pas. Le dessert est prêt quand on arrive à voir le fond de la casserole.

Une fois cette masse prête, on la modèle immédiatement avant qu’elle refroidisse. Prévoyez une surface bien beurrée pour cette étape – une pierre de marbre ou de granit ou une moule d’inox ou de verre. Ce récipient doit être à côté de la casserole, on n’a pas trop de temps dès que l’appareil est prêt donc on accélère la finalisation. Le plus simple c’est de tout simplement verser l’appareil sur la surface beurrée et attendre quelques heures jusqu’au refroidissement complet pour en couper des carrés. L’autre possibilité, à réaliser vraiment vite pour que l’appareil ne sèche pas dans la casserole, c’est de déposer sur la surface beurré des cuillerées de cocada – j’aime bien utiliser une cuillère à dessert comme mesure, mais à vous de fabriquer des bonbons à la taille que vous convienne.

Le temps moyen de préparation de cette recette est de 20 minutes et elle rend environ 18 cocadas de coco. J’ai utilisé de la noix de coco fraîche, mais si vous utilisez de la noix sèche, avant de l’incorporer au sirop n’oubliez pas de l’hydrater avec 3 ou 4 cuillères à soupe d’eau. Ça fonctionne aussi !🥥

Très dure tâche, je vous avoue, mais il faut attendre le refroidissement complet avant de manger. Cette période d’attente permet aussi un bon séchage de toutes les surfaces du dessert qui sont en contact avec l’air. Après ce séchage, vous pouvez conserver les cocadas dans un bocal à biscuits pour plusieurs semaines. La quantité de sucre, essentielle à la conservation et à la texture qu’on cherche, est assez importante, donc ne mangez pas tout d’une fois. 🙃

Je vous propose cette recette pour participer à la 98éme édition de la Bataille Food. Vous le savez, il s’agit d’une rencontre culinaire mensuelle créée par Jenna du Bistro de Jenna et administrée par Hélène du Keskonmangemaman. Chez la page Facebook du jeu on découvre à chaque fois la nouvelle marraine qui nous invite à publier nos créations les premiers mercredis du mois à 18 heures. Après l’édition chez Soulef du blog Amour de Cuisine, cette fois-ci c’est chez Fabienne du blog Famoh qui on fête le Carnaval avec son thème « Délices et confettis ». En mood festivités de février (Carnaval, Mardis gras, Chandeleur…) elle nous invite à partager des recettes amusantes et gourmandes entourées d’un décor festif et coloré. C’est pourquoi j’ai présenté mes cocadas sur une de mes nappes de « chita », un tissu populaire à Bahia, toujours marqué par des couleurs vivantes et imprimé de fleurs de tailles variées.

Bataille Food #98: Le thème

Maintenant j’ai hâte de découvrir les recettes carnavalesques de mes copinautes :🎊Viviane du blog Quoi qu’on mange 🎊 Annyvonne du blog Les délices de Thithoad 🎊 Michelle du blog Plaisirs de la maison 🎊 Ewa du blog Les horizons d’Ewa 🎊 Christelle du blog La cuisine de Poupoule 🎊 Yolande du blog Chez Patchouka 🎊 Delphine du blog Maman k’est ce k’on mange 🎊 Flo du blog Flo en cuisine 🎊 Lina du blog Le Chaud Patate 🎊 Mauricette du blog Momo Délice 🎊 Michèle du blog Croquant Fondant Gourmand 🎊 Hélène du blog Keskonmangemaman 🎊 Méla du blog Réflexions et gourmandises 🎊 Irisa du blog Cuisine et couleurs 🎊

16 réflexions au sujet de « Cocada de coco »

  1. Une découverte aussi pour moi ces cocadas à la jolie couleur nacrée que j’aurais bien aimé goûter.
    Belle soirée LIna. Bizh. Viviane
    PS : La nappe est jolie avec ces couleurs très vives !!! Elle doit mettre de bonne humeur quand elle trône sur la table 🙂

    Aimé par 1 personne

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